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L’euro numérique de la BCE versera-t-il des intérêts ?

Informations vérifiées · Sources officielles : BCE, Banque de France

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Publié le ·Lecture 6 min
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La réponse en une phrase

Non : selon la conception défendue par la BCE, l’euro numérique ne verserait pas d’intérêts. Il serait destiné aux paiements, mais son cadre juridique et la décision de l’émettre restent à finaliser.

Une absence d’intérêts clairement annoncée par la BCE

CONFIRMÉ : la BCE défend un euro numérique non rémunéré. Dans sa déclaration du 6 octobre 2026, elle précise que le projet est conçu comme un moyen de paiement et non comme un produit d’investissement. Détenir des euros numériques ne donnerait donc pas droit à des intérêts, comme pourrait le faire un produit d’épargne rémunéré. BCE

Le conditionnel reste essentiel : cette déclaration expose les caractéristiques défendues par la banque centrale. Elle ne signifie ni que l’euro numérique est déjà émis, ni que l’ensemble de ses règles est définitivement inscrit dans une législation adoptée.

ENVISAGÉ : un moyen de paiement complémentaire aux espèces et aux moyens de paiement privés. L’objectif annoncé est de permettre l’utilisation d’une forme numérique de monnaie de banque centrale. Vous pourriez vous en servir pour régler des achats ou effectuer des paiements entre particuliers, selon les modalités retenues dans le dispositif final. La distinction à garder en tête est donc celle de l’usage : payer avec une monnaie publique numérique, sans attendre de rendement de sa détention. Parlement européen

Pourquoi le projet exclut-il la rémunération ?

L’absence d’intérêts répond notamment à une préoccupation concernant les dépôts auprès des banques commerciales. Un euro numérique rémunéré pourrait devenir plus attrayant pour conserver son argent. Si sa détention était également possible sans limite, il pourrait davantage concurrencer les dépôts bancaires. Le projet cherche ainsi à favoriser les paiements tout en limitant son utilisation comme véhicule d’épargne. BCE

Cette question prend une importance particulière en période de crise : des transferts de fonds depuis les comptes bancaires vers la monnaie numérique de banque centrale pourraient fragiliser le financement bancaire. C’est le risque mis en avant par les acteurs préoccupés par les effets du projet sur les banques.

La BCE associe donc absence de rémunération et limites individuelles de détention. Ces caractéristiques poursuivent un objectif commun, mais leurs mécanismes diffèrent : la première exclut le versement d’intérêts ; la seconde encadre la quantité d’euros numériques qu’une personne pourrait conserver. Elles visent à réduire les risques évoqués, sans permettre d’affirmer que tous les effets sur les dépôts bancaires seraient éliminés. BCE

Que changerait cette conception pour vos paiements ?

Pour un particulier, la conséquence annoncée est directe : le solde détenu en euros numériques ne produirait pas d’intérêts. Les usages envisagés concernent les paiements en magasin, en ligne et entre particuliers. Le projet prévoit aussi un fonctionnement hors ligne pour certains paiements sans connexion au réseau. Ces possibilités décrivent le service envisagé ; elles ne constituent pas l’annonce d’un service déjà disponible. Parlement européen

Un plafond de détention soulève une question pratique : comment payer si le solde numérique disponible ne suffit pas ? La BCE envisage de permettre une liaison avec un compte bancaire. Un paiement supérieur au solde en euros numériques pourrait alors être complété par un prélèvement sur ce compte. Les modalités exactes restent à confirmer dans le cadre final.

Il faut ainsi distinguer la somme conservée en euros numériques du fonctionnement envisagé pour effectuer un paiement. La possibilité de compléter un règlement depuis un compte bancaire ne transformerait pas le solde numérique en placement rémunéré. Le montant définitif du plafond, lui, n’est pas confirmé dans les éléments du projet présentés ici. BCE

Quels acteurs doivent encore arrêter les règles ?

Le projet associe une préparation par la BCE et un processus législatif européen. La proposition de règlement présentée par la Commission européenne le 28 juin 2023 constitue le point de départ législatif. Le Conseil de l’Union européenne a adopté sa position de négociation en décembre 2025. Le Parlement européen a autorisé l’ouverture des négociations avec le Conseil le 9 juillet 2026. Parlement européen

Une position de négociation n’est pas un règlement final. Dans l’état des discussions décrit en octobre 2026, les institutions doivent encore s’accorder sur les règles de fonctionnement. Les sujets comprennent notamment les modalités de distribution, les limites de détention et la rémunération des prestataires de paiement.

Le calendrier technique ne vaut pas davantage décision d’émission. Dans son annonce du 30 octobre 2025, la BCE prévoit une expérimentation pilote de douze mois à partir du second semestre 2027. Elle vise aussi une préparation permettant une possible première émission en 2029, sous réserve de l’achèvement du processus législatif dans les délais. Cette échéance n’est pas une garantie de lancement : la décision d’émettre doit intervenir après l’adoption de la législation. Parlement européen

La rémunération des prestataires est-elle un intérêt pour vous ?

Les discussions sur la rémunération des prestataires de paiement portent sur un autre sujet que les intérêts versés au détenteur. Les banques et les prestataires pourraient distribuer l’euro numérique et fournir des services associés. Une compensation est envisagée pour ces prestations : elle ne correspondrait pas à un rendement de votre solde numérique. Parlement européen

De même, l’absence d’intérêts ne permet pas de conclure que tous les services seraient gratuits pour chaque commerçant. La BCE indique que l’Eurosystème prendrait en charge son infrastructure centrale et ne facturerait pas de frais de réseau ou de traitement des transactions. Les arrangements concernant les prestataires restent un sujet de discussion. Intérêts, compensation des services et frais d’acceptation doivent donc être distingués.

Un plafond évoqué n’est pas un plafond adopté

Le montant de 3 000 euros correspond à des scénarios hypothétiques analysés par la BCE à la demande des législateurs. Il ne doit pas être présenté comme une limite définitivement décidée. L’annonce d’une détention encadrée est claire ; son montant final reste à confirmer.

En résumé

L’euro numérique ne verserait pas d’intérêts selon la conception défendue par la BCE : son usage annoncé est le paiement. L’absence de rémunération et les plafonds envisagés visent notamment à limiter son attractivité comme véhicule d’épargne et les risques pour les dépôts bancaires. Le cadre juridique final et la décision d’émission restent à distinguer de ces caractéristiques annoncées.

euro-numerique.org est un média indépendant, non affilié à la BCE. Les informations publiées ne constituent pas un conseil financier.

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