Actu

Fournisseurs euro numérique : deux groupements retenus par la BCE

Par la rédaction d’euro-numerique.org · Publié le 30 octobre 2026

Sommaire

Chiffres clés
2027Début du projet pilote
2029Émission possible de l'euro numérique
GratuitPour les usages de base

Sujets abordés

fournisseurs euro numérique
Publié le ·Lecture 10 min
Partager :XFacebookLinkedInWhatsAppE-mail
Suivre sur Google :
L’essentiel

Le 30 octobre 2026, la BCE a annoncé sa sélection de fournisseurs euro numérique : deux groupements assureront les services de réseau nécessaires au projet. Des accords sont signés pour préparer la connectivité du pilote, mais cette étape technique ne constitue pas une décision d’émission.

Quels fournisseurs euro numérique la BCE a-t-elle retenus ?

La Banque centrale européenne (BCE) a choisi deux groupements temporaires pour assurer les connexions techniques de l’euro numérique. Le premier rassemble Nexi Payments et Deutsche Telekom Business Solutions. L’autre réunit Telefónica de España, Telefónica Global Solutions et Indra Soluciones Tecnologías de la Información. Ces entreprises interviennent dans la préparation de l’infrastructure : leur mission porte sur les réseaux qui permettront aux participants de communiquer avec la plateforme de services de cette monnaie. BCE — Sélection des fournisseurs de réseau

La procédure remonte au 27 août 2025, date du lancement de l’appel à candidatures. Un appel d’offres a ensuite permis de sélectionner les prestataires. La publication du résultat, le 30 octobre 2026, intervient après la signature des accords de services annoncée par la BCE. Il s’agit donc d’une étape contractuelle dans les préparatifs, avec des entreprises retenues pour une fonction définie, et non d’un simple appel aux acteurs intéressés par le projet.

Les contrats suivent un calendrier échelonné. Celui du fournisseur classé premier est entré en vigueur le 28 septembre 2026. Il doit initialement répondre aux besoins de connectivité du pilote. Le contrat du fournisseur classé deuxième commencera en mai 2027. Ces dates correspondent au démarrage des prestations de réseau, ce qui explique qu’elles précèdent les essais de paiement annoncés pour le second semestre 2027.

La BCE prévoit également une adaptation des prestations au fil des travaux. Les accords lui donnent la possibilité d’ajuster les services demandés aux besoins du pilote et des éventuelles étapes suivantes. Le périmètre demandé aux fournisseurs pourra ainsi évoluer avec les phases du projet. La signature établit leur participation contractuelle à la préparation technique ; elle ne permet pas de leur attribuer une position sur toutes les caractéristiques économiques ou politiques de l’euro numérique.

Des réseaux pour relier les acteurs à la plateforme

La fonction confiée aux entreprises retenues est précise : relier les prestataires de services de paiement participants et les banques centrales nationales à la plateforme de l’euro numérique. Les réseaux doivent également permettre aux différents composants du système de communiquer entre eux. Autrement dit, les fournisseurs assurent les liaisons nécessaires à l’architecture envisagée. Leur sélection ne leur confie pas la création de la monnaie elle-même.

Pour les prestataires qui proposeront l’euro numérique, la BCE annonce un choix : ils pourront se connecter par l’intermédiaire de l’un ou l’autre des deux fournisseurs. Cette possibilité concerne tous les prestataires de paiement appelés à distribuer la monnaie. L’architecture annoncée offre donc deux options de raccordement à la plateforme. Ce choix technique appartient aux acteurs des paiements ; l’annonce ne décrit pas une sélection de réseau que chaque particulier devrait effectuer.

Cette organisation s’inscrit dans la répartition des rôles présentée par Piero Cipollone, membre du directoire de la BCE, dans son discours du 6 octobre 2026. La banque centrale ne fournirait pas directement les services destinés aux clients. Les banques et les autres prestataires de paiement réglementés distribueraient l’euro numérique, géreraient les relations avec les utilisateurs et pourraient développer des services complémentaires. BCE — Discours de Piero Cipollone

Dans ce même discours, Piero Cipollone présente l’infrastructure commune comme un moyen d’aider les banques à étendre la portée de leurs propres solutions. La BCE a signé des accords avec European Card Payment Cooperation, nexo standards et Berlin Group pour réutiliser des normes techniques européennes existantes. L’objectif annoncé est de limiter les coûts d’adoption. Ces accords sur les standards et les contrats de connectivité répondent à des fonctions distinctes dans la préparation des paiements.

Un pilote destiné à éprouver les paiements du quotidien

Le pilote de l’euro numérique doit commencer au second semestre 2027 et durer 12 mois. La BCE a annoncé en juillet 2026 la sélection de 36 prestataires de services de paiement, parmi plus de 50 candidatures. Cette sélection concerne les participants aux essais, tandis que l’annonce du 30 octobre porte sur les fournisseurs qui assureront les connexions. Les deux catégories remplissent des missions différentes au sein de la préparation.

Selon le compte rendu publié par EuropeSays, les prestataires participants comprennent des banques et des entreprises de paiement non bancaires de la zone euro. L’exercice utilisera une version bêta auprès de la BCE et de 19 banques centrales nationales. Il doit tester des paiements entre particuliers et des paiements auprès d’entreprises, avec des opérations en ligne et hors ligne. EuropeSays — Participants et fonctionnement du pilote

Les essais doivent mobiliser des employés de la BCE et des banques centrales nationales, ainsi que des commerçants. Le compte rendu mentionne le commerce électronique et des services du quotidien, notamment les cafétérias et les restaurants. Ce périmètre permet d’examiner plusieurs situations de paiement, au-delà d’une seule démonstration technique. Pour vous, la présence de commerces dans l’expérimentation ne signifie cependant pas une ouverture générale du service à leur clientèle.

La version bêta doit être fonctionnellement et techniquement proche de celle envisagée dans le projet législatif, mais elle n’aura pas cours légal. D’après le compte rendu de crypto.news, le pilote doit permettre à la banque centrale d’observer le fonctionnement de la technologie dans des situations courantes avant une décision finale d’émission. Les achats en magasin, sur internet et par des interfaces de commerce mobile figurent parmi les usages annoncés pour cette expérimentation.

Ce que la BCE recherche pour les banques et les commerces

La préparation des réseaux répond à une ambition plus large pour les paiements européens. Dans son discours du 6 octobre, Piero Cipollone explique qu’il n’existe pas encore de moyen de paiement numérique européen couvrant tous les pays de la zone euro et les principaux usages du quotidien. Selon lui, les solutions privées européennes restent souvent limitées à certains marchés ou à certaines situations de paiement. La BCE entend fournir une base commune susceptible d’élargir cette couverture.

L’argument porte aussi sur le coût de développement des réseaux d’acceptation. Piero Cipollone souligne qu’il serait coûteux pour chaque prestataire de construire individuellement un réseau couvrant toute l’Europe. Dans le fonctionnement envisagé, l’euro numérique offrirait une infrastructure commune pour les paiements entre personnes, les achats en ligne et les achats en magasin. Les prestataires privés pourraient utiliser ses standards ouverts afin de simplifier l’acceptation de leurs services dans ces différents environnements.

Pour les commerçants, la BCE met également en avant la concurrence entre moyens de paiement. Selon crypto.news, qui rapporte un entretien de Piero Cipollone avec Milano Finanza le 24 octobre, les petites entreprises peuvent supporter des frais de traitement jusqu’à quatre fois supérieurs à ceux des grands commerçants. Le responsable présente des plafonds de frais établis par la législation comme une caractéristique envisagée pour améliorer leur situation. crypto.news — Les arguments de Piero Cipollone

Sur ce point, à lire aussi : Projet euro numérique : Cipollone défend les petits commerçants. Le communiqué sur les réseaux ne fixe, lui, ni nouveaux frais ni nouvelles obligations pour les commerces. Il ne détermine pas davantage les obligations commerciales de chaque banque ou les effets du projet sur les dépôts bancaires. Ces questions dépassent la prestation de connectivité attribuée aux entreprises sélectionnées.

Pour rappel, la BCE présente l’euro numérique comme un complément aux billets, aux pièces et aux solutions privées. Dans l’entretien rapporté par crypto.news, Piero Cipollone précise que la souveraineté européenne dans les paiements ne signifie pas l’exclusion des fournisseurs internationaux : l’objectif est de proposer une option supplémentaire reposant sur une infrastructure contrôlée en Europe. La présence de deux réseaux ne constitue toutefois pas, à elle seule, une garantie annoncée de résilience ou d’indépendance de l’ensemble du système.

Ce qui change par rapport aux annonces sur l’accessibilité

L’actualité du 30 octobre ajoute un élément différent et concret : l’identité des groupements chargés des réseaux, l’existence d’accords signés et les dates de démarrage de leurs contrats.

Elle précise aussi la préparation attendue des fournisseurs : selon la BCE, les deux groupements devraient pouvoir assurer les services nécessaires à une éventuelle émission à partir de 2029. Cette capacité dépend d’une décision du Conseil des gouverneurs sur la prochaine phase du projet.

Le processus législatif reste une autre condition du calendrier. Dans l’entretien du 24 octobre rapporté par crypto.news, Piero Cipollone indique que la BCE espère une adoption du règlement avant la fin de 2026. Une adoption dans ce délai permettrait, selon la trajectoire présentée, de viser une préparation technique pour 2029. Les banques, les prestataires de paiement et les commerçants auraient également besoin de temps pour préparer leurs systèmes.

La prochaine réponse attendue pour le public porte ainsi sur le cadre d’utilisation, et pas seulement sur les connexions. Les contrats annoncés ne définissent pas les conditions finales d’accès, les plafonds éventuels ou l’ensemble du parcours utilisateur. Le cadre juridique, les décisions du Conseil des gouverneurs et les enseignements des essais devront préciser comment cette infrastructure pourrait devenir un moyen de paiement effectivement accessible.

À bien distinguer

Confirmé : la sélection de deux groupements et la signature d’accords de services pour les réseaux. Envisagé : une émission de l’euro numérique, après le processus législatif et une décision distincte du Conseil des gouverneurs. Le pilote est un essai ; 2029 n’est pas une date ferme de lancement public.

Les chiffres clés

27 août 2025 : appel à candidatures · 28 septembre 2026 : entrée en vigueur du premier contrat · 30 octobre 2026 : annonce des résultats · Mai 2027 : démarrage prévu du deuxième contrat · Second semestre 2027 : début prévu du pilote · 12 mois : durée annoncée des essais

Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil financier. Les modalités de l’euro numérique restent susceptibles d’évoluer selon le processus législatif européen.

Sujets liés

Calendrier euro numérique : Lagarde annonce son départ anticipé
Le calendrier euro numérique reste conditionnel après l’annonce du départ...
Fournisseurs euro numérique : deux groupements retenus par la BCE
Les fournisseurs euro numérique retenus par la BCE assureront la...
Arnaque euro numérique : la BCE signale de fausses lettres
Une arnaque euro numérique utilise de fausses lettres d’investissement. La...
Monnaie numérique en anglais : les termes et leurs différences
Monnaie numérique en anglais : digital currency, digital money, e-money...
Soyez prêt pour l'euro numérique

L’essentiel par email à chaque annonce de la BCE. Pas de spam, désinscription en un clic.

Pas de spam · Désinscription en un clic