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Euro numérique et espèces : Cipollone défend leur coexistence

Par la rédaction d’euro-numerique.org · Publié le 28 octobre 2026

Sommaire

Chiffres clés
2027Début du projet pilote
2029Émission possible de l'euro numérique
GratuitPour les usages de base

Sujets abordés

euro numérique et espèces
Publié le ·Lecture 9 min
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L’essentiel

Au 27 octobre 2026, Piero Cipollone défend la complémentarité entre euro numérique et espèces : une monnaie publique numérique servirait notamment aux achats pour lesquels les billets ne peuvent pas être utilisés. Dans son entretien publié par la BCE le 24 octobre, il présente la coexistence avec les services bancaires comme un objectif de résilience et de liberté de choix. La préparation du projet ne constitue pas une décision définitive d’émission.

Euro numérique et espèces : la coexistence comme objectif

Piero Cipollone, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), défend une nouvelle forme de monnaie de banque centrale pour les paiements du quotidien. Dans son interview à Milano Finanza, conduite le 21 octobre 2026 et publiée le 24 octobre, son raisonnement part d’une différence pratique : les billets permettent de payer en personne, mais ne peuvent pas servir à régler une grande partie des achats en ligne. L’instrument numérique devrait rendre la monnaie publique utilisable dans cet environnement. BCE — Entretien avec Milano Finanza

Le responsable présente un système dans lequel les espèces, la future monnaie numérique et les services proposés par les banques fonctionneraient ensemble. La liberté de choix des consommateurs et la résilience des paiements sont les objectifs qu’il associe à cette coexistence. Il décrit également une solution européenne qui apporterait au monde numérique une monnaie publique sûre, respectueuse de la vie privée et utilisable dans toute la zone euro.

Cette position rejoint sa réponse publiée le 8 octobre dans un entretien au Corriere della Sera. Interrogé sur un éventuel remplacement des espèces, Cipollone l’a explicitement écarté. Il a invoqué le travail de la BCE sur une nouvelle série de billets, avec des dessins renouvelés et des dispositifs de lutte contre la contrefaçon actualisés. Le développement numérique et le renouvellement des billets sont ainsi présentés comme des travaux parallèles. BCE — Entretien du 8 octobre

Des usages complémentaires pour les clients et les commerces

Pour les particuliers, la conception décrite couvre les paiements entre personnes, les achats sur Internet et les règlements dans les commerces physiques. Cipollone évoque une application fournie par la BCE, une banque ou un autre prestataire de paiement.

Dans son entretien du 8 octobre, il affirme que l’usage serait gratuit pour les particuliers, avec un niveau de sécurité élevé. Cette déclaration concerne la conception annoncée pour les utilisateurs. Elle ne permet pas de conclure que tous les équipements ou services associés seraient gratuits dans toutes les situations.

Le fonctionnement hors ligne constitue une autre dimension de cette complémentarité avec les espèces. Cipollone décrit un paiement effectué directement entre des appareils rapprochés, sans passage par Internet. Il cite les coupures de courant et les zones où la connexion est absente, faible ou intermittente. Selon lui, les commerçants pourraient ainsi continuer à recevoir des paiements lorsque d’autres moyens numériques ne sont pas disponibles. À lire aussi : Avantages euro numérique : Cipollone détaille le paiement hors ligne.

Pour les petits commerces, son argument porte aussi sur le coût de l’acceptation. Dans l’entretien publié le 24 octobre, il affirme que les commissions acquittées par une petite boutique peuvent atteindre quatre fois celles des grands opérateurs. Il défend une alternative européenne qui renforcerait la concurrence et bénéficierait de plafonds de coûts prévus dans le cadre législatif envisagé.

Cipollone présente enfin une acceptation dans toute la zone euro, auprès des commerçants qui acceptent les paiements numériques. Cette ambition explique l’attention portée à l’adaptation des systèmes de caisse.

Une distribution par les banques, avec des limites de détention

Dans son discours du 6 octobre 2026, Cipollone a décrit un système où monnaie publique et monnaie privée coexistent. Les banques et les autres prestataires de paiement réglementés distribueraient l’euro numérique, géreraient les relations avec les clients et pourraient développer des services complémentaires. La BCE ne fournirait pas elle-même les services de relation avec la clientèle. BCE — Discours du 6 octobre

Pour rappel, l’architecture envisagée repose sur des intermédiaires existants plutôt que sur l’ouverture d’un compte personnel directement auprès de la BCE. L’infrastructure publique servirait de base, tandis que les banques commerciales et les prestataires assureraient l’interface avec les utilisateurs. Cette répartition des fonctions est détaillée dans notre page sur les fonctions prévues pour la monnaie centrale numérique.

Le responsable défend également des standards communs permettant aux solutions privées d’étendre leurs usages. Dans son discours, il mentionne des accords avec European Card Payment Cooperation, nexo standards et Berlin Group pour réutiliser des standards techniques européens établis. Cette démarche vise à limiter les coûts d’adoption.

La place des banques se retrouve dans la conception des plafonds. Cipollone distingue le montant qu’un utilisateur pourrait détenir dans son portefeuille du montant qu’il pourrait dépenser. Si un paiement dépassait le solde disponible, le complément pourrait être prélevé automatiquement sur un compte courant lié. Le plafond de détention ne serait donc pas présenté comme une limite identique appliquée à chaque achat.

Selon la FAQ de la BCE, des plafonds s’appliqueront pendant le pilote, mais leur montant doit être communiqué plus près de son démarrage. Elle prévoit aussi un transfert automatique vers un compte bancaire commercial lorsque le plafond est dépassé. Ces dispositifs visent à limiter les soldes détenus sous forme numérique. Cipollone affirme qu’un plafond correctement calibré préserverait la stabilité financière ; les effets réels sur les dépôts dépendront des paramètres et des usages. BCE — FAQ du pilote

Ce qui change par rapport au plaidoyer sur la résilience

Sur le même sujet, voir Euro numérique souveraineté : Cipollone défend la résilience européenne. L’entretien publié le 24 octobre développe un angle plus directement lié aux habitudes de paiement : comment conserver le rôle des espèces tout en donnant accès à la monnaie publique pour les achats numériques.

L’apport tient notamment à la formulation d’un même objectif pour les billets, la monnaie numérique et les services bancaires. Cipollone les place dans un système commun destiné à préserver le choix des consommateurs. Il rattache cette proposition à une évolution chiffrée : selon les données qu’il cite pour l’Italie, les paiements en ligne sont passés de 6 % du total en 2019 à 24 % en 2024. Ces chiffres illustrent son argument sur les usages auxquels les billets ne peuvent pas répondre.

Sur le même sujet, voir Gratuité euro numérique base : la BCE défend un usage gratuit dès 2029. Les déclarations examinées ici n’établissent pas une nouvelle date de lancement. Elles précisent la fonction recherchée : compléter les possibilités de paiement sans organiser la disparition des espèces.

Le pilote de 2027 précède une éventuelle émission

Pour rappel, la BCE étudie le projet depuis 2021. La Commission européenne a présenté sa proposition législative le 28 juin 2023. Le 18 octobre 2023, la BCE a annoncé le passage à une phase de préparation, notamment pour élaborer les règles et développer les solutions techniques. Ces étapes concernent respectivement le cadre juridique et les travaux opérationnels.

La FAQ du pilote distingue plusieurs séquences. L’appel à manifestation d’intérêt a été publié le 5 mars 2026 et clôturé le 14 mai. Le développement devait commencer au troisième trimestre 2026. La phase opérationnelle est prévue au second semestre 2027 pour douze mois. Dans son entretien publié le 24 octobre, Cipollone indique que 36 opérateurs de marché, dont sept italiens, collaborent aux travaux préparatoires.

Les transactions du pilote doivent être réalisées par des membres du personnel de la BCE et des banques centrales nationales. L’objectif est de tester la technologie dans des conditions réelles avec les acteurs du marché. Cipollone appelle également les opérateurs du commerce en ligne et du commerce mobile à participer. Les prochaines tâches comprennent l’intégration technique, les essais et l’enrôlement des participants.

Concernant une éventuelle diffusion générale, Cipollone évoque 2029 si le règlement est approuvé en 2026. Il explique que la décision finale ne peut intervenir qu’après la conclusion des négociations législatives à Bruxelles. L’adoption du règlement permettrait aussi de compléter les règles techniques nécessaires à la préparation des banques, des opérateurs de paiement et des commerçants. Le montant des plafonds et les obligations finales d’acceptation restent parmi les paramètres à préciser.

À bien distinguer

Les travaux préparatoires et la planification du pilote sont confirmés. Une émission générale, sa date ferme et les modalités finales ne le sont pas. Les déclarations sur l’acceptation commerciale ne constituent pas, à elles seules, une obligation légale déjà applicable aux commerçants.

Les chiffres clés

Entretien conduit le 21 octobre 2026, publié le 24 octobre · 36 opérateurs associés aux travaux préparatoires · Pilote prévu au second semestre 2027 · Durée prévue : douze mois

Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil financier. Les modalités de l’euro numérique restent susceptibles d’évoluer selon le processus législatif européen.

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