Actu

Avantages euro numérique : Cipollone détaille le paiement hors ligne

Par la rédaction d’euro-numerique.org · Publié le 27 octobre 2026

Sommaire

Chiffres clés
2027Début du projet pilote
2029Émission possible de l'euro numérique
GratuitPour les usages de base

Sujets abordés

avantages euro numérique
Publié le ·Lecture 10 min
Partager :XFacebookLinkedInWhatsAppE-mail
Suivre sur Google :
L’essentiel

Au 27 octobre 2026, les « avantages euro numérique » défendus par Piero Cipollone comprennent notamment la possibilité de payer hors ligne et de disposer d’une monnaie publique dans les échanges numériques. Dans son entretien publié le 24 octobre, le membre du directoire de la Banque centrale européenne décrit les usages envisagés ; les préparatifs sont engagés, mais l’émission n’est pas décidée.

Avantages euro numérique : une monnaie publique pour les achats numériques

Dans son entretien à Milano Finanza, réalisé le 21 octobre 2026, Piero Cipollone part d’une différence entre les espèces et les paiements numériques : les billets permettent d’utiliser directement une monnaie de banque centrale, mais ils ne permettent pas de régler un achat en ligne. L’euro numérique aurait pour fonction de prolonger cet accès à la monnaie publique dans les situations où les espèces ne peuvent pas servir. BCE — Entretien avec Piero Cipollone

Le responsable des systèmes de paiement à la BCE appuie son raisonnement sur l’évolution des achats en Italie. Selon les données qu’il cite, les paiements en ligne y représentaient environ 6 % du total en 2019, contre 24 % en 2024. Il estime qu’ils ont encore progressé depuis, sans donner de nouvelle mesure. Ces chiffres décrivent donc une évolution italienne ; ils ne constituent pas une statistique applicable à toute la zone euro.

Cipollone explique également que les achats en ligne sont habituellement réglés par carte et que deux tiers de ces paiements utilisent des réseaux non européens. Il ajoute que, dans la plupart des pays de la zone euro, cette dépendance concerne aussi les commerces physiques. Il cite Bancomat comme exemple de solution disponible en Italie pour les paiements de proximité. Son argument porte sur la maîtrise d’une infrastructure essentielle au fonctionnement de l’économie.

La réponse qu’il défend est celle d’une alternative européenne, sans exclusion des acteurs extérieurs. Dans la version publiée par la BCE, il déclare : « The digital euro will give Europe an alternative of its own ». La souveraineté signifie, selon lui, conserver la capacité de choisir et pouvoir compter aussi sur des capacités européennes. L’objectif annoncé associe ainsi une monnaie publique sûre, la protection de la vie privée et une acceptation dans toute la zone euro.

Payer hors ligne et dépasser le solde du portefeuille

Le fonctionnement sans connexion à internet est l’un des usages concrets détaillés dans l’entretien. Cipollone décrit un paiement effectué en rapprochant deux appareils, avec un transfert directement entre la personne qui paie et celle qui reçoit l’argent. Il compare le geste à celui d’une carte sans contact. Dans cette configuration envisagée, le paiement ne passerait pas par internet.

Il mentionne des situations précises : une coupure de courant, une zone isolée sans connexion ou un accès au réseau faible et intermittent. Pour les commerçants, l’intérêt annoncé serait de continuer à recevoir des paiements lorsque d’autres moyens numériques sont indisponibles. Il présente cette possibilité comme un facteur de résilience, c’est-à-dire de continuité des paiements lorsqu’une infrastructure habituelle ne fonctionne plus.

Autre distinction importante pour vos achats : le plafond de détention et le montant d’un paiement ne désignent pas la même chose. Cipollone explique que la limite porterait sur les euros numériques conservés dans un portefeuille. Elle ne serait pas destinée à plafonner la somme que vous pourriez dépenser. Cette précision concerne le fonctionnement prévu du projet, et non un service aujourd’hui accessible.

Lorsque le paiement dépasserait le solde disponible, la différence pourrait être prélevée automatiquement sur un compte courant lié au portefeuille. Cipollone prend l’exemple de l’achat d’une voiture pour illustrer ce mécanisme. Un utilisateur pourrait ainsi effectuer un achat supérieur à ses avoirs en euros numériques sans devoir conserver en permanence le montant correspondant dans son portefeuille.

La confidentialité fait aussi partie des caractéristiques revendiquées par Cipollone lorsqu’il rapproche le projet des espèces. Cette comparaison décrit une ambition : proposer une monnaie publique respectueuse de la vie privée dans l’environnement numérique. Elle ne signifie pas que toutes les propriétés des billets seraient reproduites à l’identique. Les caractéristiques finales de confidentialité et les conditions d’utilisation dépendront du règlement européen et de la conception définitive.

Commissions des commerçants et rôle des banques : les paramètres discutés

Pour les commerces, Cipollone met en avant un déséquilibre de pouvoir de négociation. Il affirme qu’un petit magasin peut payer des commissions jusqu’à quatre fois plus élevées que celles des grands opérateurs. Il défend l’euro numérique comme une alternative susceptible d’accroître la concurrence et de réduire les frais pour les acteurs disposant de moins de poids commercial. Il s’agit de l’effet attendu par la BCE, pas d’une baisse déjà constatée. Milano Finanza — Entretien avec Piero Cipollone

Le modèle de compensation reste un sujet de négociation. Cipollone considère que les positions en présence « laissent de la place à un accord » et défend un plafond moyen à l’échelle de la zone euro. L’objectif est de protéger les petits commerçants tout en conservant un cadre européen cohérent. Milano Finanza évoque un compromis possible associant un plafond européen à une clause protégeant les commerces qui bénéficient déjà de tarifs inférieurs.

L’adaptation des équipements et des processus est un autre enjeu. Une introduction progressive pourrait concerner certains commerces physiques afin de laisser le temps nécessaire aux commerçants et aux prestataires qui traitent leurs paiements. La BCE prévoit de préparer les spécifications pour les achats en ligne, les paiements en point de vente et les échanges entre particuliers dès une première émission. Le rythme pratique d’acceptation dépendra des choix législatifs et opérationnels.

Pour les banques et les prestataires de paiement, le projet prévoit un rôle d’intermédiaire auprès des utilisateurs. Cipollone affirme que l’euro numérique pourrait apporter aux solutions privées une base commune, des standards et une échelle européenne. Pour rappel, cette complémentarité est expliquée dans notre page sur les solutions privées que l’euro numérique est censé compléter. Les coûts de distribution et la rémunération des services font partie des questions à préciser.

La protection des dépôts bancaires constitue un autre volet des travaux. À la demande du Parlement européen, la BCE a étudié des plafonds hypothétiques de détention compris entre 500 et 3 000 euros, en examinant les effets sur les bilans de 2 025 banques. Cipollone affirme qu’un plafond correctement calibré permettrait d’éviter des effets négatifs sur le système bancaire. Ces analyses éclairent le choix d’un garde-fou ; elles ne fixent pas le montant final du plafond.

À lire aussi : Projet euro numérique : Cipollone défend les petits commerçants.

Ce qui change par rapport aux arguments de souveraineté et de confidentialité

L’entretien à Milano Finanza présente les usages défendus : un règlement directement entre appareils sans internet et un paiement pouvant dépasser le solde du portefeuille grâce au compte courant lié.

Le nouvel entretien ne constitue pas l’adoption d’un régime définitif de confidentialité. Il relie cette ambition à des situations de paiement et la replace parmi les caractéristiques que Cipollone souhaite rapprocher de celles des espèces.

Du travail préparatoire au pilote : les prochaines étapes

Pour rappel, la BCE a ouvert une phase d’étude en 2021, puis annoncé la phase de préparation le 18 octobre 2023. Cette dernière vise à élaborer les règles, les choix techniques et les modalités de mise en œuvre. Selon la BCE, le Conseil de l’Union européenne a arrêté sa position en décembre 2025 et le Parlement européen a adopté la sienne en juillet 2026. Les négociations entre ces institutions et la Commission européenne sont en cours.

Le pilote est prévu au second semestre 2027, pour une durée de 12 mois. Il doit comporter de vraies transactions, notamment réalisées par des employés de la BCE et des banques centrales nationales. L’objectif annoncé est de tester la technologie dans des conditions réelles et de travailler avec le marché. La BCE indique avoir sélectionné 36 prestataires de services de paiement, après plus de 50 candidatures.

Les commerçants sont également sollicités. La BCE a ouvert le 15 septembre 2026 un appel aux acteurs du commerce électronique et du commerce mobile pour participer au pilote, selon l’intervention de Cipollone publiée le 6 octobre. Cette participation doit permettre d’éprouver les paiements avec des acteurs concernés par leur acceptation, au-delà des seuls préparatifs de l’infrastructure centrale. BCE — Intervention de Piero Cipollone du 6 octobre

La BCE vise une capacité à procéder à une éventuelle première émission en 2029. Dans l’entretien, Cipollone souhaite une adoption du règlement avant la fin de l’année. L’achèvement des négociations permettrait au Conseil des gouverneurs de décider formellement de l’émission et de compléter les règles techniques nécessaires aux préparatifs du marché. Banques, opérateurs de paiement et commerçants auraient ensuite à adapter leurs systèmes et leurs processus.

À bien distinguer

Les préparatifs et la sélection des participants au pilote sont engagés. En revanche, la législation européenne n’est pas encore adoptée, l’émission n’est pas décidée et le pilote ne constitue pas une mise en circulation générale. Les plafonds de détention, le régime définitif des commissions et les modalités finales d’utilisation ne sont pas arrêtés ; l’horizon de 2029 reste conditionnel.

Les chiffres clés

24 octobre 2026 : publication de l’entretien · 36 prestataires sélectionnés · Second semestre 2027 : pilote prévu · 12 mois de tests prévus · 2029 : horizon conditionnel d’une éventuelle première émission

Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil financier. Les modalités de l’euro numérique restent susceptibles d’évoluer selon le processus législatif européen.

Sujets liés

Calendrier euro numérique : Lagarde annonce son départ anticipé
Le calendrier euro numérique reste conditionnel après l’annonce du départ...
Fournisseurs euro numérique : deux groupements retenus par la BCE
Les fournisseurs euro numérique retenus par la BCE assureront la...
Arnaque euro numérique : la BCE signale de fausses lettres
Une arnaque euro numérique utilise de fausses lettres d’investissement. La...
Monnaie numérique en anglais : les termes et leurs différences
Monnaie numérique en anglais : digital currency, digital money, e-money...
Soyez prêt pour l'euro numérique

L’essentiel par email à chaque annonce de la BCE. Pas de spam, désinscription en un clic.

Pas de spam · Désinscription en un clic