La possibilité de détenir un compte joint en euros numériques n’est pas confirmée dans les informations disponibles de la BCE. Le lien envisagé avec un compte bancaire commercial ne suffit pas à établir qu’un portefeuille pourra être détenu et géré conjointement.
Compte joint : ce qui est confirmé et ce qui reste à clarifier
Pour les personnes qui gèrent leurs dépenses à plusieurs, la question est concrète : pourront-elles partager des euros numériques comme elles utilisent un compte joint bancaire ? Les éléments disponibles ne permettent pas de répondre oui. Ils ne permettent pas davantage d’affirmer que cette possibilité sera exclue. Le projet décrit des avoirs numériques détenus par des particuliers et des fonctionnalités de paiement, sans préciser les règles d’une éventuelle cotitularité. BCE — discours de Piero Cipollone
CONFIRMÉ : la BCE présente l’euro numérique comme un complément aux espèces et aux solutions de paiement privées. ENVISAGÉ : les utilisateurs pourraient effectuer des paiements en ligne et hors ligne, et relier leurs avoirs à un compte bancaire commercial. NON ÉTABLI : un même portefeuille pourrait appartenir à des cotitulaires disposant de droits de gestion équivalents.
Cette distinction porte sur le niveau de certitude. Une fonctionnalité décrite par la BCE constitue un élément de conception du projet ; elle ne signifie pas qu’un service est disponible ou que ses modalités définitives sont arrêtées. Pour le compte joint, la caractéristique elle-même reste à confirmer.
Pourquoi un compte bancaire lié ne prouve pas la cotitularité
Dans son discours du 6 octobre 2026, Piero Cipollone, membre du directoire de la BCE, présente une liaison possible entre les avoirs en euros numériques et un compte détenu auprès d’une banque commerciale. Cette liaison faciliterait certains paiements et transferts. Elle décrit une circulation de fonds, mais ne répond pas à la question de savoir qui détiendrait le portefeuille et qui pourrait l’utiliser. BCE — caractéristiques envisagées
Le mécanisme appelé « waterfall » permettrait de compléter automatiquement un paiement dépassant le solde en euros numériques : la différence serait prélevée sur le compte bancaire associé. Le mécanisme appelé « reverse waterfall » pourrait transférer vers ce compte les montants reçus au-delà de la limite de détention, ou d’un seuil inférieur choisi par le client.
Ces fonctionnalités expliquent comment payer sans nécessairement conserver un solde élevé en euros numériques. Elles ne précisent toutefois pas si le compte bancaire associé pourrait être joint. Même si cette liaison était autorisée, il resterait à déterminer si le portefeuille numérique pourrait lui-même être détenu conjointement. Le statut du compte bancaire lié et celui du portefeuille sont donc des questions distinctes.
Quels droits faudrait-il préciser pour un portefeuille partagé ?
Pour confirmer l’existence d’un compte joint en euros numériques, les règles devraient préciser davantage que la possibilité de relier un compte bancaire. Il faudrait savoir si des personnes pourraient être cotitulaires du même portefeuille, y accéder, autoriser des paiements et le gérer avec des droits équivalents. Ces possibilités ne sont pas établies dans les caractéristiques présentées. BCE — présentation du dispositif
Les informations disponibles ne permettent pas non plus de transposer les règles d’un compte joint bancaire aux euros numériques. Les procurations, le consentement aux opérations, la responsabilité en cas de découvert ou les conséquences d’un décès restent des sujets à clarifier. Mentionner ces questions ne signifie pas qu’un découvert ou une procuration seront proposés : aucune équivalence de fonctionnement n’est établie.
Les limites de détention soulèvent une autre interrogation. La conception présentée prévoit des limites individuelles, dont le montant reste à calibrer. Elle ne précise pas comment elles s’articuleraient avec une éventuelle détention commune. Il serait donc injustifié de calculer un plafond de portefeuille partagé ou de supposer que les limites individuelles pourraient s’additionner.
Quel rôle auraient les banques et les limites de détention ?
L’euro numérique est présenté comme un moyen de paiement, pas un placement. Dans la conception décrite, il ne serait pas rémunéré. La BCE explique que les limites de détention doivent concilier commodité d’usage, stabilité financière et transmission de la politique monétaire. Leur niveau n’est pas fixé dans les éléments cités. BCE — objectifs et limites de détention
L’enjeu concerne notamment les banques : des transferts massifs de dépôts vers la monnaie numérique de banque centrale pourraient affecter leur financement. Le lien avec un compte commercial et les transferts automatiques sont présentés comme des moyens de faciliter les paiements sans nécessiter de gros soldes en euros numériques.
Les banques et les prestataires de services de paiement sont appelés à intervenir dans la distribution et les services associés. Cependant, ce rôle ne confirme aucune offre de compte joint. Les modalités opérationnelles et les responsabilités exactes restent à préciser. Les sources fournies ne permettent pas non plus d’attribuer aux banques, aux commerçants ou aux associations de consommateurs une position collective sur la cotitularité.
Quelles étapes pourraient apporter une réponse ?
La BCE indique que la décision d’émettre l’euro numérique interviendra seulement après l’adoption de la législation. Pour connaître les possibilités de détention commune, les éléments décisifs seront les textes définitifs et les spécifications opérationnelles. Il faudra y rechercher des dispositions explicites sur les titulaires, les accès au portefeuille et les autorisations de paiement. BCE — étapes du projet
Le discours du 6 octobre 2026 prévoit un pilote de 12 mois au second semestre 2027. Il mentionne la sélection de 36 prestataires de services de paiement après réception de plus de 50 candidatures. Ces travaux doivent tester le dispositif ; ils ne constituent pas une annonce de disponibilité générale, ni une confirmation des comptes joints.
Une éventuelle première émission en 2029 est présentée comme un objectif conditionnel, notamment lié à l’achèvement du processus législatif à la fin de 2026 et aux étapes ultérieures. Pour vous qui utilisez un compte joint, ce calendrier ne permet donc pas encore de savoir comment seraient organisés l’accès partagé, les transferts automatiques ou les droits des cotitulaires.
L’absence d’annonce sur les comptes joints ne vaut ni autorisation ni interdiction. Une fonctionnalité de liaison bancaire, un pilote ou un objectif d’émission ne permettent pas, à eux seuls, de conclure à la disponibilité d’un portefeuille commun.
En résumé
Le compte joint en euros numériques demeure non confirmé. La BCE décrit un lien possible avec un compte bancaire commercial, sans établir les règles d’une détention commune. Une réponse définitive dépendra des précisions législatives et opérationnelles, ainsi que de la décision éventuelle d’émettre l’euro numérique.
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