Les particuliers ne devraient pas payer pour les services de base de l’euro numérique, selon le projet législatif et la position annoncée par la BCE. Cette gratuité reste envisagée dans un cadre législatif à finaliser et ne garantit pas celle de tous les services connexes.
La gratuité des services de base est prévue, mais reste à adopter
La réponse dépend d’abord de ce que vous entendez par « clients ». Pour les particuliers, le projet prévoit des services de base gratuits. Pour les commerçants qui accepteraient les paiements, il est question de plafonner certains frais. Pour les banques et les autres prestataires qui distribueraient l’euro numérique, une rémunération est prévue dans le modèle présenté par la BCE. Ces situations correspondent à des services et à des coûts différents. BCE
Confirmé : l’euro numérique est un projet en préparation, et la BCE n’a pas encore décidé de l’émettre. Dans l’état des informations du dossier, arrêté au 29 octobre 2026, le règlement européen n’est pas définitivement adopté. Les dispositions proposées ne doivent donc pas être présentées comme les conditions tarifaires d’un service déjà disponible.
Envisagé : vous pourriez accéder aux fonctions de base sans payer de frais pour ces services. En revanche, les éléments disponibles ne permettent ni d’annoncer un abonnement obligatoire pour les fonctions de base, ni de promettre la gratuité de toute prestation qu’un intermédiaire pourrait proposer autour de l’euro numérique.
Qui prendrait en charge les coûts du système ?
L’euro numérique serait une forme électronique de monnaie de banque centrale, destinée au public et conçue en complément des billets et pièces. Vous y accéderiez par une banque ou un autre prestataire de paiement, plutôt que par un compte individuel ouvert directement à la BCE. Cette organisation explique pourquoi il faut distinguer le fonctionnement de l’infrastructure centrale et les services fournis aux utilisateurs. BCE
Dans sa présentation du 6 octobre 2026, la BCE indique que l’Eurosystème prendrait en charge la mise en place et l’exploitation de l’infrastructure centrale. Il ne facturerait pas de frais de système ou de traitement sur les transactions en euros numériques. Il s’agit de la position annoncée pour le fonctionnement du projet.
Les banques et les prestataires seraient, de leur côté, rémunérés pour leurs services. L’absence de facturation par l’infrastructure centrale ne suffit donc pas à décrire l’ensemble du modèle économique. La gratuité envisagée pour les particuliers doit s’articuler avec la compensation des intermédiaires et avec les règles applicables aux commerçants.
Quels services pourraient rester payants pour les particuliers ?
La distinction essentielle oppose les services de base destinés aux particuliers, dont la gratuité est prévue, aux éventuelles prestations additionnelles. Le cadre définitif doit encore préciser le périmètre des services gratuits et les modalités de rémunération des prestataires. La BCE indique elle-même que les modalités exactes restent discutées dans le cadre législatif. BCE
Il serait donc prématuré de dresser une liste définitive de fonctions gratuites et d’options payantes. Le dossier ne permet pas davantage d’attribuer un tarif à une future prestation. Pour comprendre une annonce sur les frais, il faut vérifier si elle concerne une fonction couverte par la gratuité proposée ou un service connexe.
Autre limite : aucun changement des tarifs des autres services bancaires n’est confirmé. La gratuité envisagée des services de base de l’euro numérique ne permet pas de conclure que les banques modifieront leurs autres prix. Elle ne permet pas non plus d’affirmer qu’elles les augmenteront pour compenser leurs coûts. Une telle conséquence n’est pas établie par les informations disponibles.
Les commerçants auraient-ils des frais à payer ?
Pour les commerçants, un plafonnement ne signifie pas une absence de frais. Le projet prévoit d’encadrer certains coûts liés à l’acceptation des paiements en euros numériques. Les discussions portent notamment sur les frais d’interchange et les frais de service commerçant, avec des modalités transitoires qui restent à fixer dans le texte final. Payments Europe
Dans l’entretien publié par la BCE le 24 octobre 2026, Piero Cipollone, membre de son directoire, défend l’effet concurrentiel attendu de l’euro numérique. Selon l’argument présenté, une alternative européenne et des plafonds légaux pourraient contribuer à limiter les frais, particulièrement pour les petits commerces disposant de moins de pouvoir de négociation. BCE — entretien avec Piero Cipollone
Cette position ne constitue pas une garantie de baisse pour chaque commerce. Les frais effectivement supportés dépendraient du règlement adopté, du prestataire et des conditions contractuelles. Les coûts pratiques d’acceptation et d’intégration font également partie des sujets débattus. Il faut ainsi distinguer le coût d’une transaction et celui de l’adaptation nécessaire pour accepter ce moyen de paiement.
Pourquoi le financement des prestataires reste-t-il discuté ?
Le modèle doit concilier l’accessibilité du service et la rémunération des intermédiaires. La BCE affirme que les banques et les prestataires doivent être rémunérés pour les services rendus. Leur rôle ne consiste donc pas, dans le modèle annoncé, à fournir toutes les prestations sans compensation. La répartition précise des coûts reste toutefois à négocier. BCE
Les acteurs du paiement ne défendent pas tous le même équilibre. Payments Europe demande une approche progressive pour fixer les plafonds et une période transitoire plus longue, afin de recueillir davantage de données sur les coûts. L’organisation critique aussi l’idée de rendre certains services d’acquisition obligatoires et gratuits pour les commerçants, en invoquant la viabilité économique des prestataires. C’est une position sectorielle, pas une règle adoptée. Payments Europe
L’adoption éventuelle du règlement sera donc déterminante pour connaître les obligations de chacun. La BCE a indiqué qu’une décision formelle d’émission ne pourrait intervenir qu’après l’adoption du cadre législatif. Les préparatifs techniques et le pilote envisagé ne remplacent ni cette adoption ni la décision d’émettre.
La gratuité envisagée concerne les services de base pour les particuliers. Elle ne signifie pas que toute option additionnelle serait gratuite, que les commerçants ne paieraient aucuns frais ou que les autres tarifs bancaires changeraient. Les conditions définitives dépendront du compromis législatif européen.
En résumé
Les services de base de l’euro numérique sont prévus comme gratuits pour les particuliers, mais le cadre définitif reste à adopter. Les prestataires seraient rémunérés et certains frais commerçants seraient plafonnés. Les informations disponibles ne permettent pas d’annoncer des frais supplémentaires obligatoires pour les particuliers, ni de garantir la gratuité de tous les services connexes.
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