Projet euro numérique : un enjeu pour les petits commerces
L’entretien désigné par ce lien ne peut pas être présenté ici comme une source vérifiée : BCE — Entretien du 24 octobre 2026
Les modalités précises de rémunération des prestataires restent discutées dans le processus législatif.
Dans son intervention du 6 octobre 2026, la BCE indique que les deux tiers des paiements par carte de la zone euro reposent sur des réseaux internationaux.
Dans son intervention du 6 octobre 2026, la BCE décrivait aussi une difficulté pour les prestataires européens : constituer individuellement un réseau d’acceptation à l’échelle européenne serait coûteux. Les solutions privées existantes couvrent généralement certains marchés ou certaines situations de paiement. L’institution estime qu’une infrastructure commune pourrait élargir leur portée et leurs usages. BCE — Intervention du 6 octobre 2026
La BCE présente la réduction de la dépendance à des infrastructures ou prestataires privés non européens comme un argument en faveur du projet. À lire aussi : Euro numérique souveraineté : Cipollone défend la résilience européenne.
Une monnaie publique, avec des services assurés par les banques
Pour rappel, la monnaie envisagée serait émise par l’Eurosystème, qui réunit la Banque centrale européenne et les banques centrales nationales de la zone euro. Elle constituerait une créance sur la banque centrale, tandis qu’un dépôt bancaire commercial constitue une créance sur une banque. Elle serait destinée aux paiements quotidiens et compléterait les espèces ainsi que les solutions privées.
La BCE distingue cette émission publique des services proposés aux utilisateurs. Dans son intervention du 6 octobre, elle explique qu’elle ne fournirait pas directement les services de relation avec la clientèle. Les banques et les autres prestataires de paiement réglementés distribueraient l’euro numérique, géreraient les relations avec les clients et pourraient développer des services complémentaires.
Les usages envisagés comprennent les transferts entre particuliers, les achats sur internet et les paiements dans les commerces physiques. La BCE prévoit une utilisation en ligne et hors ligne. Son objectif est de rendre une forme numérique de monnaie publique utilisable dans des situations où les billets ne permettent pas de payer, notamment pour les achats effectués sur internet.
Pour faciliter l’acceptation, la BCE indique avoir signé des accords avec European Card Payment Cooperation, nexo standards et Berlin Group afin de réutiliser des normes techniques européennes existantes. Elle estime que cette réutilisation devrait limiter les coûts d’adoption. Les prestataires privés pourraient également employer les normes ouvertes prévues pour simplifier l’acceptation en magasin, en ligne et dans le commerce mobile.
Le financement des services constitue un autre volet de la préparation. La BCE considère que les prestataires devraient être rémunérés pour les services rendus. L’Eurosystème supporterait les coûts de mise en place et d’exploitation de l’infrastructure centrale, sans prélever de frais de système ou de traitement sur les transactions. Les modalités précises de rémunération restent discutées dans le processus législatif.
Ce qui change par rapport au calendrier du pilote
La BCE a indiqué que 36 prestataires de services de paiement avaient été sélectionnés pour le pilote, après réception de plus de 50 candidatures. Le pilote doit permettre de tester l’écosystème et l’expérience de paiement dans des conditions réelles, avec des participants sélectionnés.
La participation des commerçants fait l’objet d’une démarche distincte. Le 15 septembre 2026, la BCE a ouvert un appel à manifestation d’intérêt destiné aux acteurs du commerce électronique et du commerce mobile opérant dans la zone euro. La date limite de candidature est fixée au 27 octobre 2026. Les essais doivent notamment porter sur les parcours de paiement, leur intégration et l’expérience utilisateur.
La BCE a aussi lancé, le 28 septembre 2026, un appel destiné aux entreprises et organisations privées souhaitant explorer comment l’infrastructure pourrait soutenir leurs efforts d’innovation. Cette démarche comporte une autre échéance, fixée au 9 novembre 2026. Elle concerne l’exploration d’usages de l’infrastructure, tandis que l’appel aux commerçants vise leur participation au pilote. BCE — Annonces du 2 octobre 2026
Ce que vous pourriez payer et détenir
Le fonctionnement envisagé distingue la somme détenue et le montant d’un paiement. Une limite porterait sur les euros numériques conservés dans un portefeuille. Elle ne constituerait pas, selon le fonctionnement présenté, une limite équivalente sur les dépenses : un achat supérieur au solde disponible pourrait être complété automatiquement à partir d’un compte courant lié.
Le mécanisme inverse envisagé permettrait de transférer vers ce compte bancaire les sommes reçues au-delà de la limite de détention. Un seuil inférieur pourrait aussi être choisi par le client. Ces liaisons entre portefeuille et compte bancaire font partie des possibilités de conception décrites pour articuler le nouveau moyen de paiement avec les services bancaires existants.
Le montant final de la limite n’est pas fixé. Dans une analyse demandée par le Parlement européen, la BCE a examiné des hypothèses comprises entre 500 et 3 000 euros, portant sur les bilans de 2 025 banques. Ces valeurs servent à étudier les effets possibles sur le système bancaire : elles ne constituent pas des plafonds adoptés.
Une limite de détention, ainsi que les mécanismes de liaison au compte bancaire envisagés, viseraient notamment à contenir le risque de transfert des dépôts bancaires vers la monnaie de banque centrale. Il s’agit d’un enjeu identifié et de mesures à l’étude, sans proportion donnée de dépôts qui seraient effectivement déplacés.
La BCE envisage des paiements hors ligne, mais les fonctionnalités exactes et les garanties techniques finales dépendent du texte législatif et des décisions de conception.
Accessibilité, vie privée et décisions encore attendues
L’accessibilité fait également partie des travaux annoncés. Le 30 juillet 2026, la BCE a présenté les fonctionnalités prévues pour l’application envisagée, en indiquant que sa conception irait au-delà des exigences de la directive européenne « Accessibilité ». Des tests de facilité d’utilisation et d’accessibilité doivent commencer en 2027 dans le cadre du pilote.
Sur la vie privée, la BCE présente la protection des utilisateurs comme un objectif de conception. Les modalités de traitement des données, de contrôle et de lutte contre la fraude dépendront cependant du cadre juridique et technique retenu. Il serait donc trompeur de résumer le dispositif à une promesse d’anonymat total. Les espèces conserveraient leurs caractéristiques propres.
Le Conseil de l’Union européenne a arrêté sa position en décembre 2025 et le Parlement européen a adopté la sienne en juillet 2026. Les négociations entre ces institutions et la Commission européenne se poursuivent. La BCE souhaite une adoption du règlement d’ici la fin de 2026 ; cette échéance demeure un objectif du processus législatif.
Les prochaines décisions devront notamment préciser les limites de détention, les rémunérations, les conditions d’accès et les éventuelles obligations d’acceptation des commerçants. Pour une boutique, la question pratique reste celle des règles et des coûts qui lui seraient effectivement applicables.
Les préparatifs, les appels à participation et les travaux législatifs sont engagés. Le pilote prévu en 2027 ne correspond pas à une mise à disposition générale. La BCE indique que son Conseil des gouverneurs ne décidera d’émettre ou non l’euro numérique qu’après l’adoption de la législation. Une première émission en 2029 demeure une possibilité conditionnelle ; aucune obligation générale d’acceptation n’est actuellement établie par le pilote.
27 octobre 2026 : clôture des candidatures des commerçants au pilote · 9 novembre 2026 : échéance de l’appel sur l’innovation · 36 prestataires de services de paiement sélectionnés pour le pilote · 12 mois de pilote prévus au second semestre 2027.
Pourquoi la BCE prépare-t-elle un euro numérique ?QuestionComment fonctionneraient les paiements hors ligne ?QuestionComment participer au pilote de l’euro numérique ?Question
Les billets et pièces seront-ils conservés avec l’euro numérique ?QuestionL’euro numérique est-il déjà disponible ?QuestionQuelles mesures sur plafonds ou pilote sont réellement décidées ?QuestionL’euro numérique sera-t-il obligatoire pour certains paiements ?Question
La référence à l’entretien avec Cipollone du 24 octobre 2026 figurant ci-dessous n’a pas pu être vérifiée et n’étaye pas les informations de cet article.
